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La nouvelle année scolaire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
01-05-2005
  

Je suis heureux d’avoir participé à la Fête Annuelle le 27 février. Les parents et les villageois ont été accueillis et divertis par leurs propres enfants. Il y avait environ 1500 personnes rassemblées ce jour-là.

Chers amis,

Je me suis rendu à Asmoli fin février. Les changements survenus dans la zone où nous intervenons sont étonnants. Les enfants de l’école ont commencé à apprendre et leurs parents sont vraiment très heureux. Puisqu’une majorité de la population néglige l’instruction de leurs filles et hésite à les envoyer à l’école, nous avons insisté sur l’importance de les instruire en citant leur propre adage : «Si nous éduquons un garçon, nous éduquons une seule personne, si nous éduquons une fille, nous éduquons la société.» La seule préoccupation des parents n'est hélas que d'arriver à marier leurs filles dès qu’elles atteignent l'adolescence. Une fois 18 ans, la plupart sont devenues mère et lorsqu'une famille attend une fille, très souvent un avortement est pratiqué...

La nouvelle saison pour les inscriptions a déjà débuté à l'école Saint Antoine. Cette année, nous prévoyons d’inscrire 130 enfants de plus que l’année dernière.

Marc Valentin, Président

Préparations pour l'’année scolaire 2005-2006

Les «grandes» vacances en Inde du Nord sont du 15 mai au 30 juin. L’école Saint Antoine réouvre donc le 1er juillet. Nous avons démarré la procédure d’inscription. Cette année, nous pensons inscrire 130 enfants en plus. Toutes les fournitures scolaires sont déjà prêtes.

Dans cette région, la température se situe entre 40 et 54°C au cours des mois de mai, juin et juillet. Normalement, fin juillet a lieu la mousson. Les villageois sont habitués à cette chaleur, ils s’assoient sous les arbres pendant la journée et la nuit, ils dorment à l’extérieur des maisons. Il n’y a pas d’électricité et il est très difficile de dormir sans ventilateur, surtout pour notre équipe qui n’est pas habituée à de telles conditions.

Fin février, l’eau du réservoir qui est placé sur le toit est devenue très chaude très rapidement et des enfants sont tombés malades après en avoir bu. Nous avons donc dû creuser un puits équipé d’une pompe manuelle pour obtenir de l’eau fraîche.

Réunions de femmes dans les villages

 

Le père dit : "C’est la volonté de Dieu. Cet enfant ne nous est pas destiné."

Dans la zone où nous intervenons, nous avons mis en place des programmes d’animation dans les villages et en particulier des programmes spéciaux pour les femmes et les enfants. Des volontaires organisent des réunions de femmes une fois par mois. Différents problèmes sont évoqués et de temps en temps, nos professeurs y participent également.

Pour beaucoup de problèmes, il n'y a hélas pas de solution à court terme. Il faudra attendre que la nouvelle génération, instruite, aie grandi. Voici un exemple, un drame qui est arrivé dans une famille où deux de nos professeurs sont logés :

Selon la tradition villageoise, à la naissance d’un enfant, la mère nourrit son bébé seulement après que sa belle-sœur ait mis quelques gouttes de lait dans la bouche du nourrisson. La femme du propriétaire de la maison où habitent nos enseignantes a donné naissance à un garçon. Ils avaient déjà deux filles dont une fréquente notre école et ils attendaient avec impatience un garçon. Selon la coutume, la mère a attendu la venue de sa belle-sœur qui habite loin de là. Malheureusement, la belle-soeur n’est arrivée que deux jours plus tard et le bébé est mort dans l’intervalle. Les professeurs ont essayé de convaincre la mère de nourrir son bébé, elles ont aussi menacé le père d’emmener de force l’enfant à l’hôpital, mais elles ne l’ont pas fait. La famille n’était pas prête à transgresser la coutume, la mère avait peur de sa belle-famille... finalement le père a déclaré que c’était la volonté de Dieu, que cet enfant ne leur était pas destiné.

Les gens sont très superstitieux. Le plus gros problème réside dans le fait qu’ils ont peur de transgresser les coutumes locales, car s’ils le font, ils seront blâmés par leur famille et le reste de la société. En Inde, toute la famille vit ensemble, parents, enfants, grand-parents,... et les femmes n’ont rien à dire.

Nous nous efforcons d'éduquer ces hommes et ces femmes pour les aider à changer leur façon de penser et de réagir.

Nous espérons que Angali, leur fille qui fréquente notre école, aura le courage plus tard de se battre contre les traditions…


Les jeux recueillis pour l’école

   

Ballons, puzzles et divers jeux ont été collectés pour les activités des enfants.

 

Il est étonnant de voir en Europe le nombre considérable de jouets que les enfants possèdent. Lorsque nous avons recherché, en Inde, des jeux pour notre école, nous n’en avons pratiquement pas trouvés. Très peu d’enfants ont des jouets là bas. La raison est peut-être qu’ils coûtent très cher ou que les gens n’ont pas conscience de l'importance du jeu pour le développement de l'enfant.

Nous avons réalisé une collecte de jeux et jouets en Belgique. Les gens étaient heureux de nous les donner mais nous avons rencontré un problème pour les transporter en Inde. Les compagnies aériennes sont très strictes sur la question du poids des bagages. Heureusement, en quelques voyages, nous avons réussi à en transporter suffisamment pour l'instant.

Les parents de Neeta vous remercient…

Neeta est une petite fille de 5 ans qui habite dans le village de Dugawar, sa famille est de basse-caste. Elle a 3 sœurs et 2 frères. Le plus âgé a 8 ans et le plus jeune 1 an. Ses parents sont illettrés, ils n’ont ni travail ni terre.

Tous les jours son père va à la ville de Moradabad pour chercher du travail mais il en trouve rarement. Quand il a de la chance, ce qu’il gagne est à peine suffisant pour nourrir sa famille. Neeta a un oncle qui est malade, un gros problème de plus pour la famille car toute la famille de l'oncle, vit maintenant chez Neeta.

Lorsque nous avons abordé les parents de Neeta pour qu'ils l’inscrivent dans notre école, ils étaient réticents. Ils pensaient qu’en tant que fille, elle ne serait pas capable d’étudier, et également qu'étant de la caste la plus basse, elle ne serait pas acceptée par les autres. Nous avons insisté et plusieurs autres rencontres furent nécessaire. Nous leur avons expliqué que nous allions l'aider et financer toutes ses études et ils ont finalement accepté de l’envoyer à l’école.

Il y a beaucoup de familles comme celle de Neeta. Nous recherchons celles qui n’osent pas venir à nous et qui ont le plus besoin d'être aidées. En Inde, la société est divisée en classes et castes et peu se préoccupent des plus faibles...

Molly Sebastian,
Responsable projets

Espérons que cette nouvelle génération que nous éduquons apportera des changements socio-économiques dans la société indienne.

 
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