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Nouvelles des villages Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
01-09-2005

Chers amis, 

La seconde année scolaire à l’école Saint-Antoine a débuté le 1er juillet. Cette année, contrairement à l’année dernière, les parents ont inscrit leurs enfants à l’avance. Comme nous ne pouvions pas accepter tous les enfants, nous avons inscrit ceux qui sont arrivés les premiers ; cependant nous n’avons refusé aucune fille. Comme le nombre de filles inscrites était malgré tout insuffisant, nous avons recherché des filles de familles pauvres. Cette année, le nombre maximum d’enfants par classe est de 45 et nous avons divisé les classes de maternelle en deux sections.
Il ne reste plus que 2 classes qui restent disponibles pour l’année 2006. Ceci signifie que nous ne pourrons admettre que 90 enfants en plus l’an prochain. Nous devrons donc prévoir la construction d’un étage supplémentaire afin de loger 450 enfants en plus.
Les dépenses augmentent au fur et à mesure que le travail progresse et nous comptons sur chacun d’entre vous pour continuer à soutenir ces enfants qui, sans vous, n’auraient aucune chance de développer leurs talents.

Marc Valentin,
Président

 

Parrainage des enfants de lépreux

Dans le premier ACB-News de 2005, nous vous avons parlé de la demande d'aide que nous avions reçue des communautés de lépreux pour l'éducation de leurs enfants. Le mois dernier, j’ai visité quelques léproseries pour voir les enfants que nous parrainons déjà et en intégrer d’autres dans notre programme. J’ai pu constater qu'il y en a encore beaucoup qui ne vont pas à l’école. De nombreux parents m’ont demandé d'intégrer leurs enfants à notre programme. Ceux qui ont déjà la chance d'avoir leurs enfants à l'école m'ont demandé de nommer un professeur particulier pour aider leurs enfants à faire leurs devoirs après les heures de classe parce qu’ils ne savent pas les aider eux-mêmes. La plupart des parents ne reçoivent qu’une petite aide du gouvernement qui est insuffisante pour survivre (5 euros par mois), ce qui explique pourquoi ils doivent mendier dans la rue pour gagner leur vie.


 
Je suis allée dans les différentes écoles de ces enfants pour rencontrer leurs enseignants. Ceux-ci sont tous très contents de leurs résultats. 
 

Nouvelles de l’école Saint-Antoine

En août, trois étudiants belges sont venus comme volontaires pour nous aider auprès des enfants. Ils ont fait l’expérience de la vie rurale indienne et de la manière d’enseigner en Inde. C’était vraiment étonnant de voir comment ils sont arrivés à s'adapter à la chaleur (36 à 38°C), sans ventilateur ni air conditionné à cause du manque d’électricité. Je me souviens que l’un d’entre eux a dit : «Je suis comme un nuage, je déverse la pluie». Ils arrivaient à plaisanter alors qu’ils ruisselaient de sueur. Ils ont pu surmonter tous ces inconvénients tant ils avaient de nouvelles expériences à découvrir et de surprises autour d'eux. Nous espérons vous faire partager leurs expériences dans la prochaine édition de notre newsletter.
Nous avons quatre nouveaux enseignants. Deux d’entre eux viennent du Kerala (sud de l’Inde) et deux du nord. Toute l'équipe était heureuse d’accueillir les volontaires.
 

Nouvelles des villages avoisinant l’école

Le mois d’août a été fertile en événements pour les villageois de l'Uttar Pradesh (état dans lequel se trouve l’école). Ils devaient élire leurs représentants politiques locaux pour 5 ans. En Inde, le pouvoir est décentralisé afin de pouvoir développer des projets utiles à la population au niveau des villages. Malheureusement, les rouages de l’Etat ne fonctionnent pas bien et l’argent destiné aux villages est détourné par leurs leaders. Huit candidats se sont présentés pour le poste de chef de village à Dugawar. Nous ne nous sommes pas impliqués directement dans l’élection parce que nous avons pensé qu’il n’était pas bon de donner notre soutien à un groupe en particulier. L’élection a eu lieu le 18, déclaré férié par le gouvernement. Mais le jour des résultats, les gens sont devenus violents et ils ont bloqué les routes principales de sorte que les écoles ont dû fermer à nouveau… On dit qu’il y a eu des actes de violence et des meurtres dans plusieurs régions du district.
La rumeur dit que la personne qui a été élue à Dugawar aurait payé des gens pour manipuler les bulletins de vote afin de gagner l'élection…
Nous allons travailler plus activement avec les femmes dans certains villages pour les aider à comprendre la situation et leur permettre de prendre leurs propres décisions quant au choix des leaders qui pourraient apporter des changements positifs à la communauté.

Ashwini, 7 ans, victime du tsunami

Nous nous souvenons tous du terrible tsunami qui a tué des milliers de personnes en Asie du Sud-Est au début de l’année. Ashwini est une de ses victimes… Voici son histoire : le lieu saint dédié à la Vierge Marie à Velankanni (état du Tamil Nadu au sud de l’Inde) est une sorte de Lourdes pour les Indiens. Des milliers de personnes y vont en pèlerinage chaque année. Au moment du tsunami, il y avait des centaines de gens qui assistaient à la messe. En un instant, l’eau de mer a balayé presque tous les pèlerins. Seuls quelques-uns ont survécu.
Ashwini, accompagnée de ses parents, sa sœur et quelques amis proches avait quitté son village pour se rendre dans ce lieu saint. Elle jouait sur la plage lorsque la vague du tsunami a déferlé. Une femme a trouvé Ashwini les narines pleines de sable et la gorge obstruée. Son pouls battait encore. Elle a emmené la fillette à un certain Anthony (oui, c’est son vrai nom !) qui secourait les gens sur la côte. Voyant son état critique, Anthony l’a emmenée dans une clinique proche où elle s’est rétablie. Ensuite, il a essayé de découvrir d’où elle venait. Elle était incapable de donner son adresse mais connaissait le nom de sa région et celui de son école. Anthony a fait publier son histoire dans le journal et un lecteur a prévenu les grands-parents de Ashwini qu’elle était en vie.
Ashwini habite maintenant avec ses grands-parents. Son grand-père tisse des vêtements. À l’aide d’un métier à tisser manuel, il confectionne en quelques jours un dothi (morceau de tissu que les Indiens du sud portent à la place du pantalon) qu'il vend 65 à 70 roupies (1,50 euros). Sa grand-mère est malade du cœur. Peu après le désastre, elle a été admise dans une unité de soins intensifs pendant un mois. Le gouvernement indien a décidé de verser à Ashwini et aux autres orphelins du tsunami une somme d’argent sur un compte en banque bloqué. Cet argent ne peut pas être utilisé avant que la fillette n’ait atteint 18 ans. Mais elle a besoin d’argent maintenant pour payer l’école. Nous avons décidé d’aider Ashwini et nous nous occupons de ses frais scolaires.
Le monde entier a offert beaucoup d’argent aux populations affectées par le tsunami, mais lorsque nous écoutons les témoignages individuels de ces familles qui luttent pour survivre, nous nous demandons où tout cet argent est passé…
 

La présence de Ashwini soulage la grande peine ressentie par ses grands-parents

Molly Sebastian,
Responsable projets

 
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