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Les travaux vont bon train Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
01-04-2004
 Chers amis,

Après une longue attente, j’ai été très heureux de me rendre à Asmoli (Inde) et de voir les travaux entrepris. Les villageois nous ont souhaité la bienvenue. Ils vivent dans une grande pauvreté, et les choses les plus essentielles leur manquent, comme de bons vêtements, des soins appropriés, de l'eau potable, etc. Tous les membres d’une famille partagent le même toit et vivent avec vaches et chèvres, ce qui n’est pas bon pour l’hygiène générale. Pour nous, en Belgique, ce genre de pauvreté est quasi inimaginable, car inexistante chez nous. Quand je vois ces enfants traîner partout, je suis certain que nous avons pris la bonne décision. En éduquant la nouvelle génération, nous pourrons aider ces villages à se développer. Des incidents comme celui de Sunil, (voir l’article qui suit), nous montrent qu'il est difficile de changer la mentalité des gens qui vivent dans une structure traditionnelle. Tout cela prend beaucoup de temps. Merci de supporter ce projet humanitaire !


Marc Valentin,
Président


Les travaux de l'école avancent bien. Cette visite m'a convaincu que notre présence et notre travail apporteront de grands changements pour la population locale...

L’histoire de Sunil

 Lors d'une de mes visites, Sunil, un garçon de 17 ans, s’approche de moi. Il me montre son bras, qui est maintenu avec des tiges de bambou. La blessure n’est pas visible et je pense tout d'abord qu’il s'agit d’une légère fracture. Il me raconte comment il est tombé en travaillant à notre chantier, une vingtaine de jours plus tôt. Lorsque j’examine son bras de plus près, je remarque un gonflement, il était possible de sentir l'os sous la peau. Je lui demande si ça fait mal et il me répond que ça fait mal en permanence, la douleur devenant insupportable dès que quelqu’un ou quelque chose touche son bras...

J’ai décidé de tirer au clair ce qui s’était passé. L’entrepreneur qui emploie ces ouvriers, est normalement responsable de leur traitement médical en cas d’accident. Dans un cas pareil soit l’entrepreneur fait traiter son employé, soit il continue de lui payer son salaire journalier jusqu’à ce qu’il soit guéri et reprenne le travail. Ici, le chef de village, qui avait recruté les ouvriers pour l’entrepreneur, avait convenu avec ce dernier que le garçon serait traité par le guérisseur local, l’entrepreneur payant à Sunil son salaire journalier jusqu’au jour où il serait guéri.

Nous avons amené Sunil à la ville la plus proche, où nous avons fait faire un examen radiologique de son bras. Il s’est avéré que les deux os de son avant-bras étaient fracturés et que certaines parties se touchaient. Un seul faux mouvement aurait pu lui coûter sa main. Nous avons expliqué le problème à sa famille, mais ses parents refusaient d’accepter le résultat de l’examen et insistaient pour qu’il continue son traitement chez le guérisseur, traitement qui durait déjà depuis trois semaines... Je suis allé voir ce guérisseur, et j’ai été vraiment choquée de voir de quelle manière il examinait ce pauvre garçon, il lui assurait que sa main était en train de guérir ! J’ai alors compris que cet homme ne comprenait pas la gravité de la blessure et qu’il n’avait aucune notion de traitement médical moderne.

Afin de trouver une solution, nous nous sommes rendus chez Sunil. Nous avons parlé à sa mère, qui nous a dit que c’est son père qui devait décider s'il pouvait aller à l’hôpital ou non. Le père de Sunil, lui, voulait continuer le traitement au village, peut-être parce qu’il pensait à l’argent que l’entrepreneur payait tant que Sunil était inapte au travail. Nous avons insisté : nous lui avons bien expliqué les risques que Sunil courrait s'il ne se rendait pas à l’hôpital pour subir une opération. Nous avons assuré aux parents que cela ne leur coûterait rien et que nous prendrions tout en charge. Nous avons vraiemnt usé de toute notre force de persuasion. Après 18 jours, ils ont finalement cédé. Le traitement du guérisseur était soi-disant terminé mais Sunil ne pouvait toujours pas utiliser sa main à cause de la douleur. Le 9 mars, nous avons emmené Sunil à l’hôpital pour l'opération. Il est aujourd'hui complètement guéri.

Dans les régions rurales du nord de l'Inde, c’est le père qui prend les décisions. A 17 ans, Sunil ne pouvait pas décider de son propre sort. Il ne connait que son village et n'a aucune occasion de voir ce qui se passe un peu plus loin que chez lui. Des jeunes comme lui se soumettent à l’autorité sans savoir distinguer entre le bien et le mal. C’est le cas de tous les habitants des villages dans cette région.


La famille de Sunil ne voulait pas qu'il se rende à l'hôpital.


 

L’école Saint-Antoine

Le toit de l’école est prêt, et vers la fin du mois d’avril toute la structure du bâtiment sera finie. Comme vous le savez, il n’y a pas d’enseignants dans les environs d’Asmoli, et des enseignants qui viennent de loin devront résider sur place. Des travaux de construction ont commencé pour pouvoir les héberger et nous espérons qu’ils seront terminés vers le mois de juillet.

Notre premier souci était de recruter des enseignants qualifiés pour l’école. Les enseignants préfèrent, en général, travailler dans les grandes villes, car les facilités y sont meilleures et les élèves sont issus d’un milieu familial plus élévé. Heureusement, nous avons déjà trouvé des enseignants qui sont prêts à travailler pour notre école. Quatre d’entre eux viennent du Kerala, au sud du pays, à plus de 3.000 Km d’Asmoli. Ils ont déjà travaillé dans d’autres projets humanitaires, et ils ont de l’expérience en ce qui concerne la coopération avec les villageois. Nous espérons qu'ils constitueront une bonne équipe pour le commencement des cours.

Nous préparons aussi l'achat d'un bus, car les enfants des villages environnants n’ont pas de moyens de transport.

Merci de tout cœur pour votre soutien !

Molly Sebastian,
Responsable projets


La rentrée à l''école Saint-Antoine se fera la première semaine de juillet (l'année académique débute en juillet en Inde) et nous vous en donnerons des nouvelles dans notre prochaine édition.

 

 
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