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Chers amis,
L'esprit de Noël, c'est aider ceux qui sont dans le besoin, c'est donner de l'espoir à ceux qui désespèrent. Alors que nous approchons de cette période festive, que nous passerons sans doute en famille, rappelons-nous avec joie que de nombreux enfants, en Inde, nous sont reconnaissants de l'espoir que nous apportons dans leur vie. Réjouissons-nous donc et rappelons-nous que par notre aide et la joie que nous leurs apportons, nous faisons vivre l'esprit de Noël tous les jours !
Dans cette newsletter, trois étudiants qui sont venus nous aider cet été en Inde, partagent leurs expériences avec vous. Je vous souhaite un Joyeux Noël !
Marc Valentin,
Président |
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Sophie, Benoît et Victor, venus aider l'école Saint Antoine l'été dernier, sont accueillis par la classe de deuxième primaire.
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Dugawar, récit d’une aventure
Tout comme le nouveau-né vient au monde en criant, nous sommes arrivés à Dugawar en émerveillement. Tout comme il ouvre les yeux sur le monde, nous avons ouvert les nôtres sur un nouveau monde. Un univers de chaleur, de poussière, de routes aux moult bosses et fosses, d’une circulation folle où se croisent sans façon camions, bus, tracteurs, motos, vélos, rickshaws, piétons, vaches, buffles, chiens, singes, et j’en passe. Tout ce monde s’active, klaxonne, s’arrête, vous regarde, repart, freine, accélère et disparaît. Nous regarde ? Oui, nous, Belges au milieu des Indiens. Blancs au milieu des Indiens. Première différence.
Le long de la route, sur un arrière-plan de palmiers, champs de canne à sucre, rizières, briqueteries – et, de temps à autre, une importante et triste usine, se succèdent marchands ambulants, échoppes, hommes et femmes sous de lourds fardeaux fourragers… Ici, la vie suit son cours à la manière du Gange : lentement, mais sûrement. Deuxième différence.
La route se rétrécit, les chapelets de gros camions s’étirent, puis disparaissent. Le piéton redevient majoritaire. Le scooter remplace la moto. Les petits villages se rapprochent. Tantôt, les quatre minarets d’une mosquée s’élancent vers le ciel pour atteindre Allah. Tantôt, le clocher d’une église pointe vers Dieu. Tantôt, les courbes onctueuses et les formes colorées d’un temple hindou invitent à invoquer Krishna, Shiva ou Sarasvatî. Un jour, un village 100% musulman. 100% ? Non. Quelque part, sortant d’on ne sait où, une Bible, à la main d’un vieil homme. Ici, la religion est partout. Ici, les religions se croisent, se marient, se respectent, s’influencent, se superposent ou s’opposent. Troisième et quatrième différences.
Un village : maisons en pisé, en briques pour les plus aisés, les rues en terre battue, en briques pour les principales, les égouts ? Une rigole, voire deux, le long des rues, où se mélangent, sans s’évacuer, toutes sortes de déchets (ménagers, humains, animaux, …). Qui parle d’odeurs, de propreté, d’hygiène, de santé ? L’Indien est propre, lavé, bien habillé, peigné, coiffé, rasé de près, mais l’Inde est sale, la loi du tout à la rue mêle aux odeurs d’épices celles que seuls nos rats respirent. Cinquième différence.
D’un côté, un jeune homme à la machette saillante et saignante termine de transformer un pauvre et maigre gallinacé en quelques morceaux de viande pour le repas de ce soir. De l’autre, un petit enfant qui court, nu, vers une destination inconnue. En face, un repas qui se prépare. Riz, dal, zapatis. Dal ? Mixture à base de lentilles. Zapatis ? Crêpes composées uniquement de blé et d’eau. Riz, dal et zapatis ? Ce qu’il faut aimer ou apprendre à aimer pour vivre ou survivre en Inde. Là-bas, un rassemblement d’hommes autour d’un thé. Un peu plus loin, un groupe de femmes s’active dans les champs. Un garçon conduit l’unique buffle de la famille vers une parcelle d’herbe grasse. Un nuage de mouches s’envole d’une carcasse au passage d’un bus. Mais, attendez un peu ! Ce n’est pas n’importe quel bus… C’est le bus de l’école ! De l’école Saint-Antoine ! Rempli d’enfants avec leurs petits uniformes bleu et blanc. Sixième différence.
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Nous voilà maintenant en phase d’approche de Dugawar. Nos cœurs se serrent au moment d’apercevoir l’école. Là-bas, au milieu de rien, se dresse un tout. Au beau milieu de cette multitude de petits villages poussiéreux et miséreux, se dressent ces enfants heureux. Qui l’eut crû, il y a de cela trois petites années, qu’un jour, cette école se dresserait là, prometteuse ? Alors que l’Etat néglige volontairement l’éducation en milieu rural, alors que la majorité de la population est sans emploi, ce havre de savoir, de savoir-faire et de savoir-vivre s’est construit ici, chassant peu à peu les noirs nuages qui assombrissaient l’avenir de ces enfants. Ici, il faut se battre pour accéder à l’enseignement. Septième différence.
J’arrête là avec les différences. La liste est loin d’être exhaustive. Ces différences, comme tout le monde le sait, il faut les cultiver. Ce sont elles qui font d’un peuple sa particularité, et qui font d’un échange toute sa richesse.
Mais revenons à nos enfants. Eux qui hier encore jouaient dans la rue en se l’appropriant, apprennent aujourd’hui qu’elle peut emmener à de multiples horizons. Maintenant plus que jamais, nous nous rendons compte que l’éducation est, tout comme la santé et le logement, une donnée essentielle du progrès. Ces professeurs, que nous avons côtoyés pendant trois semaines, sont les véritables artisans de demain. Plus qu’une source de connaissances, l’école est aussi une école du bien-être et de la vie sociale. Quel projet motivant !
Chaque jour, au lever du soleil, le grand bus jaune et les deux jeeps de l’école partent chercher la plupart des 300 enfants de quatre à huit ans dans leurs villages respectifs. Chacun a reçu un uniforme (jupe ou short bleu, chemise rayée blanche et bleue, cravate bleue), qu’il porte soigneusement et qui fait sa fierté d’appartenir à l’école. Après un trajet parfois chaotique, ils arrivent enfin à l’école avec leur cartable qui paraît trop grand pour leurs frêles épaules. Pour nous souhaiter la bienvenue, certains nous offrent une fleur.
Commencent alors les quatre premières heures de cours (anglais, hindi, math, sciences, éducation sportive…). Nous sommes tous les trois ébahis de voir l’avancement de leurs connaissances par rapport au niveau de nos petites têtes blondes du même âge. Pendant la pause de midi, assommés par la chaleur, buvant avec les professeurs un de ces délicieux thés indiens, nous les regardons jouer à l’ombre d’un arbre.
L’après-midi recommence avec quelques cours, et la journée se termine vers une heure de l’après-midi. Le bus et les deux jeeps repartent pour ramener les enfants chez eux, la tête pleine de nouveaux savoirs. Mais, à côté des quelques devoirs qui les attendent, vient aussi souvent le devoir d’aider leur famille : travailler aux champ, parfois jusqu’à la tombée de la nuit, puis encore cuisiner, laver le petit frère ou la petite sœur…
Les professeurs, plus que seulement les côtoyer, nous leur avons parlé. Nous avons discuté de tout et de rien, de l’essentiel et de l’accessoire. En quoi consiste le cours de sciences sociales ? Comment fait-on du thé indien ? Pourquoi avez-vous accepté de venir ici, à des centaines de kilomètres de votre famille, là-bas dans le sud du pays, ô combien plus développé et industrialisé ? Quid des castes dans la société indienne d'aujourd’hui ?
Que de soirées passées avec Molly, ou encore avec Krishna, à échanger nos points de vue et nos expériences. Que de souvenirs ! Ces enfants qui arrivent et repartent le sourire aux lèvres, Sophie qui s’essaye au dur métier de la femme qui doit mettre son sari, ces entrevues avec un villageois, un curé ou le chef du village, ces interminables parties de puzzles ou de Lego’s avec les enfants, ces mêmes petits écoliers qui chantent fièrement chaque matin l’hymne de leur pays au rythme du tambour, un fou rire général issu d’un quiproquo soudain, une douche froide quand le jour faiblit, que la température repasse en dessous des 30°C, et que les moustiques commencent leur interminable ballet dans l’air encore tiède des fortes chaleurs de la journée, ce regard implorant du mendiant, captivé de l’enfant, intéressé du professeur, émerveillé de chacun de nous.
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Remise du décalage horaire, et malgré une chaleur difficile à supporter, Sophie se lance dans l'éducation des plus petits.
Victor s'occupe des plus grands...
Benoît et Victor visitant les familles dans les villages.
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Nous, trois jeunes Belges qui, au terme de cette aventure, veulent vous dire à vous, Molly, Marc, Krishna, Hatti, les chauffeurs, le directeur, Annie, Babil, Neelu et tous les professeurs, Athul, Apus et tous les enfants : merci ! Merci de nous avoir permis d’ouvrir les yeux sur ce formidable projet, où l’on se rend compte que, plus que jamais, l’avenir nous appartient, et il n’appartient qu’à nous de le rendre meilleur. Et, indubitablement, l’école Saint-Antoine est le premier pas vers cet avenir meilleur.
Benoît, Sophie et Victor
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| Sophie, Benoit et Victor participent à la visite des enfants parrainés dans une colonies de lépreux. Périodiquement, nous contrôlons leur avancée scolaire. |
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