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Chers amis,
Les inscriptions pour l'année 2006 viennent juste de commencer. D'ici
un mois, nous aurons probablement 400 élèves. (L'année académique
commence en juillet en Inde). La place devient vraiment insuffisante
dans l'école et j'ai vu le directeur, se demander où il allait bien
pouvoir installer sa salle des profs. Nous allons devoir commencer
rapidement la construction d'un second étage pour avoir suffisamment de
salles de classe pour 2007. Le nouvel étage comprendra 9 classes, pour
une nouvelle série de 400 élèves et également une pièce servant de
bibliothèque et de salle polyvalente. L'estimation de ce chantier est
de 60.000 euros, mais comme toute construction, on peut prévoir que le
budget sera un peu plus élevé. Notre espoir est que ce nouvel étage
sera terminé rapidement.
J'ai contrôlé les comptes de l'école. J'ai pu me rendre compte que
chaque cent que vous avez pu donner pour ce projet a été utilisé le
mieux possible.
Marc Valentin,
Président
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Je me trouvais à Dugawar au mois de février. Voir les enfants de l'école Saint-Antoine grandir nous pousse à toujours faire progresser le travail que nous avons entrepris. Notre voeu est de toucher un maximum d'enfants et de familles.
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Le travail dans les villages avec Jena et Annie
2005, étant la seconde année de l'école Saint-Antoine, c'était l'occasion d'évaluer le progrès des enfants et l'attitude des parents par rapport à l'éducation. Des mesures spéciales avaient été prises dès la première année pour les impliquer. Vu que la plupart sont illettrés, ils pensent qu'éduquer ses enfants, cela se limite à les envoyer à l'école et que toute la responsabilité de l'éducation repose sur les professeurs. De retour de l'école, les enfants vont souvent dans les champs avec les animaux et le lendemain, leurs devoirs ne sont pas faits.
Pour améliorer cette situation, nous avons organisé des visites dans les familles. Les professeurs rencontrent les parents et leur font prendre conscience de l'importance des devoirs et des leçons. Une bonne collaboration des parents est essentielle tout au long des études. Pour mieux rencontrer ce besoin, nous avons engagé deux personnes supplémentaires : Jena et Annie. Ils se rendront ensemble dans les maisons des enfants qui ont besoin d'une attention plus particulière. Lors de leurs visites dans les villages, ils visiteront aussi d'autres familles afin de repérer les enfants les plus démunis, spécialement les filles, qui peuvent être incorporées petit à petit à notre programme de parrainage.
La journée sportive
Vous vous rappelez sans doute que l'année dernière, nous avions organisé la fête annuelle de l'école avec un programme culturel composé de danses et de chants. Cette année, la fête annuelle a été transformée en journée sportive ! La journée s'est déroulée dans la bonne humeur et tous les participants étaient très contents. D'habitude dans les écoles indiennes, seuls les enfants qui sont premiers, deuxièmes ou troisièmes reçoivent un prix. Nous n'étions pas très enthousiastes pour cette approche qui met selon nous trop en avant l'esprit de compétition. Nous avons expliqué aux professeurs que nous donnions plus d'importance à l'effort qu'au résultat et ils ont adapté les jeux en mettant l'accent sur l'esprit de groupe et la collaboration. Des prix ont été remis aux gagnants mais il y avait aussi des prix de consolation pour ceux qui n'avaient pas réussi à se hisser parmi les premiers. Pallavi est en deuxième année primaire, c'est une fille intelligente et une bonne élève. Pourtant lors de la journée sportive, elle était en larmes car elle n'avait pas gagné de prix malgré sa participation à plusieurs jeux. Nous lui avons dit que nous étions contents de ses performances et lorsqu'elle a reçu le petit cadeau de consolation, elle a retrouvé le sourire.
Un nouveau chef de village
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Le chef de village (appelé «pradhan» en Inde) est la personne la plus
puissante dans le village, il est directement élu par les villageois
pour 5 ans Les dernières élections ont eu lieu en août 2005 et le siège
à Dugawar était réservé pour une femme. C'est une certaine Kranti Devi
qui a été élue. Pourtant elle reste cloîtrée dans sa maison et c'est
son mari qui s'occupe des activités liées à sa charge. La plupart des
femmes-pradhan des villages du nord du pays sont dans la même
situation. Les lois votées par le gouvernement pour responsabiliser les
femmes ne sont pas efficaces. À quoi bon réserver des quotas de pradhan
hommes/femmes si ce sont les maris qui exercent réellement le pouvoir ?
Comme nous avons la volonté de responsabiliser davantage les femmes,
nous avons décidé de tenter quelque chose. Nous sommes parvenus à
convaincre le mari de Kranti Devi de lui permettre d'assister à la fête
annuelle de l'école Saint-Antoine en tant qu'invitée d'honneur. La fête
commençait à 11.00 et elle est arrivée à 14.00... juste avant la fin.
Nous étions cependant très heureux qu'elle ait pu venir !
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Kranti Devi, pradhan de Dugawar remet un prix à l'une de nos élèves à l'occasion de la journée sportive. À l'arrière plan, vous pouvez voir le bâtiment des professeurs qui est en phase de finition.
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| C'était
probablement la première fois qu'elle se joignait à un groupe de
personnes aussi important mais elle semblait détendue. Elle m'a dit que
c'était la première fois qu'elle voyait l'école, pourtant nous ne
sommes situés qu'à 3 minutes à pieds de sa maison, juste à l'entrée du
village ! |
La fabrique de sucre bloque la route
La culture principale dans la région d'Asmoli/Dugawar est la canne à
sucre et il y a une fabrique de sucre à 4 kms seulement de l'école
Saint-Antoine. Les agriculteurs s'y rendent pour vendre leur récolte.
Pendant la saison, le trafic passant devant la fabrique peut être
bloqué pendant des heures et parfois même la journée entière à cause
des énormes camions débordants de canne à sucre qui attendent de
pouvoir déposer leur chargement. (Très souvent il y en a qui se
renversent !). Le plus énervant c'est que l'endroit où les camions
devraient se parquer se trouve à l'intérieur de la fabrique et qu'à cet
endroit ils construisent un temple et plantent des arbres !
À cause de cette situation, le bus de l'école perdait souvent une ou
deux heures en cours de route et parfois même devait faire demi-tour
sans pouvoir aller chercher certains enfants. Malgré nos demandes
répétées, les gens de la fabrique ne bougeaient pas. C'est arrivé à un
point tel que nous avons du réunir des parents et des villageois pour
faire pression. Ce n'est qu'à ce moment là que la fabrique a enfin pris
des mesures pour obliger les camions à s'aligner le long de la route
sans tout bloquer. Voyons maintenant s'ils vont continuer...
En Inde, c'est très souvent la force qui prévaut et le faible n'est pas
écouté. C'est comme ça depuis des siècles, les gens acceptent ces
injustices car ils ont grandi dans une culture qui accepte et intègre
les inégalités. Face à un problème, face à une injustice, ils ne
réagissent pas, à moins que quelqu'un leur ouvre les yeux et les
motivent à faire entendre leur voix.
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La fabrique a la police locale dans sa poche et celle-ci n'entreprend
aucune action peu importe ce qui risque d'arriver. Sur cette photo, les
camions et tracteurs sont bien alignés mais la plupart du temps ils
bloquent complètement la chaussée.
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Molly Sebastian,
Responsable projets
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