Un confinement strict !

juin 26, 2020

Le 24 mars à 20h, Modi, le premier ministre, a décidé un confinement général de 21 jours pour tout le pays, soit 1,3 milliard d’individus ! Il s’agissait bien sûr de tenter de contenir l’épidémie de coronavirus. À cette date, d’après le site Worldometer, on comptait 121 cas positifs en Inde et deux décès. Le lendemain, tous les moyens de locomotion du pays ont été mis à l’arrêt et l’accès aux grandes villes a été fermé. Cette annonce soudaine a créé la panique dans la population qui n’avait pas été préparée. Par la suite, ce confinement a encore été prolongé jusqu’au 8 juin. Malheureusement, on doit bien constater que le virus continue aujourd’hui d’infecter de plus en plus de gens en Inde ! Plutôt que d’aplatir la courbe de l’épidémie, le gouvernement a aplati la courbe du PIB ! La situation économique est désastreuse.
Les oubliés du confinement
Quand Modi a demandé aux Indiens de rester chez eux, il a oublié qu’un grand nombre n’avaient pas de « chez eux ». Le manque de préparation est absolument stupéfiant, ni les gouvernements locaux ni les experts n’ont été consultés.
Les plus affectés ont été les millions d’enfants qui vivent dans les rues des grandes villes. Le gouvernement a finalement ouvert des camps pour les rassembler. Des ONG ont aussi apporté de l’aide et de l’assistance médicale aux plus nécessiteux.

Une autre catégorie a également beaucoup souffert, ce sont les travailleurs « migrants ». Estimés à plus de 100 millions, ils constituent l’épine dorsale de l’économie dans les grandes villes. Ils sont venus de villages lointains pour y travailler. Du jour au lendemain, ils n’ont plus eu de travail ! Ne pouvant payer leur loyer, ils ont été mis à la porte et se sont retrouvés sur les routes, marchant des centaines et des centaines de kilomètres afin de rejoindre leur village d’origine et le reste de leur famille. Sans réserve suffisante d’eau et de nourriture, sous un soleil de plomb, beaucoup se sont retrouvés en détresse en chemin. Aujourd’hui encore, certains errent sur les routes. Souvent, ils sont accompagnés de leurs parents âgés, les femmes portent leurs bébés. On rapporte des histoires exemplaires d’enfants d’une dizaine d’années qui ont réussi à conduire à vélo leurs parents malades ou blessés sur des centaines de kilomètres.
Ce confinement non préparé au lieu de contenir le virus a eu l’effet opposé. Les migrants quittant les villes ont dispersé le virus dans les campagnes.